Le Point
Grès-de-Montpellier- Coteaux du Languedoc

Dans une zone sous influence maritime, des vins élégants, tout en finesse.
Par Jacques Dupont et Olivier Bompas.
Après avoir réussi le pari de la qualité, les coteaux du Languedoc ont repris la hiérarchisation de leur vignoble. En gros, un classement pyramidal, genre poupées russes, tel qu’il a fait ses preuves dans à peu près toutes les grandes régions viticoles : à la base, les coteaux du Languedoc, vaste dénominateur commun créé en 1985 ; au sommet, les douze crus historiques de l’appellation, sorte de dénominations villages vouées à devenir, à terme, appellations communales. Entre base et sommet, une nouveauté : sept grands sous-ensembles climatiques. Grés de Montpellier est une des zones sous-régionales, un projet ancien. Un secteur qui aurait pu s’appeler les graves de Montpellier . C’était déjà notre idée il y a quinze ans, mais le nom de graves était protégé, alors nous avons opté pour les grés. Nous sommes dans une zone sous influence maritime qui permet de très belles maturités et donne des vins élégants, tout en finesse », commente Diane Losfelt, du Château de l’Engarran, présidente d’un des douze crus, Saint-Georges d’Orques, de réputation ancienne. Il constitue avec Vérargues, Saint-Drézéry, la Méjanelle et Saint-christol le vaste ensemble Grés de Montpellier, regroupé autour de la capitale régionale. L’image de Montpellier est extraordinaire pour nous, confirma Bertrand de Mortillet, jeune vigneron à Pignan. Les grès représentent un niveau d’appellation qui fait surtout référence à un découpage géographique. Repère plus facile pour le consommateur que le cru, qui nécessite une bonne connaissance de la région. Pierre Clavel est installé depuis dix-sept ans sur le terroir de la Méjanelle et produit la fameuse cuvée Copa Santa : Avec le temps et également les impératifs commerciaux, j’ai fait ma propre hiérarchie. Aujourd’hui, les Grés de Montpellier, c’est mon entrée de gamme. L’appellation la Méjanelle restera ce qu’elle a toujours été chez moi : le haut de gamme ! François Henry, du domaine homonyme, confirme : La hiérarchisation d’un vignoble doit naître d’une réalité de terroir et de climat, la notion de cru doit représenter le nec plus ultra des appellations du Languedoc . Un Languedoc en quête d’identité que connaît bien Jean-Philippe Granier, directeur technique du syndicat d’appellation : L’exemple des grés de Montpellier va dans le bon sens. Les études l’ont prouvé, il y a une cohérence climatique, au moins à 70%, et puis la proximité de Montpellier est un atout majeur. Il faut mettre le vin dans un contexte culturel et économique. Je vous donne rendez-vous dans cinq ans et on en reparle !

Château de l’Engarran, cuvée Quetton 2001
Cade, girofle, épices, tanins riches, serrés, charnus, équilibré, superbe fruit.


Date : Vend 6 juin 2003-n°1603, rubrique Loisirs/Vins


© Château de l'Engarran 2003