Terre de Vins, Saveurs des Terroirs du Sud
Montpellier, la montée des Grés

En accédant officiellement au rang d’appellation sous-régionale, les Grés de Montpellier inaugurent le processus de hiérarchisation des Coteaux du Languedoc. En fait, trois niveaux : les Coteaux du Languedoc qui restent le dénominateur commun, sept appellations sous-régionales définies selon des critères climatiques et les appellations communales correspondant à des terroirs comme Saint-Georges d’Orques ou Saint-Christol.
La zone des Grés de Montpellier, qui englobe quarante-huit communes à l’est ou à l’ouest de la capitale languedocienne, fait partie du second niveau : Des vins qui se caractérisent par leurs notes de garrigue et de poivre noir, du gras, de la rondeur, et une générosité toute méridionale , résume Jean-Philippe Granier, directeur technique des coteaux du Languedoc : Le terroir des Grés de Montpellier correspond à une zone climatique sous influence maritime. Les nuits fraîches et les journées chaudes permettent d’obtenir des maturités très abouties. Mais c’est également un terroir porteur de culture. La ville de Montpellier est intimement liée à la longue histoire de la vigne et du vin . Une histoire qui se précipite. En vingt ans de travail acharné, la région a reconquis ses terres de noblesse : La commercialisation de nos vins est maintenant internationale, elle se mondialise. C’est une chance qui, en contrepartie, comporte des exigences. Les consommateurs ont des attentes complexes, suivant qu’ils boivent nos vins dans des circonstances, des cultures, des pays, fort différents. La gamme des prix de vente s'élargit. Le vin devient de plus en plus un produit à contenu culturel, dont chacun aime parler , commente Jean Clavel, intarissable sur le sujet. Vigneron, écrivain, et fondateur du Mas de Saporta, il a porté sur les fonds baptismaux la toute jeune AOC des Coteaux du Languedoc en 1985. Près de vingt ans plus tard, la rénovation du vignoble et des caves appartient presque à l’histoire ancienne, et le travail de précision, accompli par une nouvelle génération de vignerons passionnés, a fait apparaître la nécessité de franchir une étape supplémentaire : le classement des crus. Cette situation impose une communication collective adaptée, qui permette d’aborder les différents marchés . Une communication qui doit être d’origine nationale (la belle France, label France) puis régionale (Coteaux du Languedoc), locale (Grés de Montpellier) et, enfin, propre à l’entreprise privée ou coopérative, c’est-à-dire les châteaux et les caves. Cela doit se faire dans une déclinaison harmonieuse et compréhensible par le grand public. c’est l’objectif que nous poursuivons dans les Grés de Montpellier, s’appuyant sur un ensemble urbain affirmant son identité de jeunesse et de dynamisme économique et culturel, porteur d’image et de notoriété .

Château de l’Engarran - Cuvée Quetton 2001

3 verres : 16/20
Personnalité : rubis violine. Nez riche de cade, girofle, poivre et épices douces. En bouche, un vin balsamique, sur des tanins riches, serrés, charnus. Equilibré sur un superbe fruit. Une cuvée qui doit se fondre.
Dominante : élégance.
Cépages : syrah dominante, carignan, grenache.
Potentiel de garde : six à huit ans.
A déguster avec : noisettes de chevreuil.


Date : Mars-Avril-Mai 2003 -n°18


© Château de l'Engarran 2003